Jacques Derrida, mes potes et moi

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Une chronique lycéenne des années quarante dans l’Algérie de Papa : ce livre n’est pas une biographie du philosophe, ce sont les souvenirs d’adolescence d’un jeune Algérois, Jean Taousson, qui se remémore ses frasques, celles de ses amis (parmi eux Jacques Derrida) dans le milieu lycéen algérois pendant les années 50, frasques parfois assez corsées, toujours pittoresques. Nous retrouvons le quotidien d’une certaine jeunesse avec ses habitudes, ses modes, son langage avec en contrepoint Alger, ses habitants et ses rues… et entrevoyons la personnalité du futur philosophe. Ceux qui ont fréquenté les lycées algériens autour de 1950 retrouveront dans ce livre des réminiscences de leurs jeunes années. Une bouffée de jeunesse !

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Description

D’aucuns se vantent d’avoir été à l’école avec des gamins devenus chefs d’état, d’autres en compagnie de joyeux cancres ayant réussi dans le show-biz. Moi, ce fut avec le grand Derrida, l’inventeur de la « Déconstruction », le philosophe le plus adulé mais aussi le plus controversé de l’ère contemporaine, le théoricien qui divisa la planète littéraire en deux camps également inconditionnels : celui qui voyait en lui la référence absolue, le dernier des grands maîtres à penser et l’autre qui le qualifiait de mystificateur, d’imposteur illisible et malfaisant auprès d’innombrables étudiants.

Qui était vraiment Derrida ? Des années après sa disparition, la question se pose encore… comme une énigme non résolvable. Était-il ce garçon pervers pour précieuses transies, tel qu’il fut dénoncé en Grande-Bretagne sur le campus de Cambridge… avant de s’y voir décerner le titre de Docteur Honoris Causa, au bénéfice du doute ? Ou le dogmatique, le plus cérébral, le plus digne d’admiration que la galaxie philosophique ait entrevu depuis le Siècle des Lumières ?

En vérité, qui pourrait mieux le savoir que ses premiers compagnons ?

« Jacques Derrida (1930-2004), l’inventeur de la “Déconstruction », n’est pas de ces philosophes qui laissent indifférents. “C’est un génie”, vous diront les uns. “C’est un mystificateur”, vous diront les autres. C’était, quoi qu’il en soit, un être singulier et un penseur moins médiatisé qu’un Roland Barthes ou un Jacques Lacan. Sauf aux EtatsUnis, où l’on fait grand cas de son œuvre. Alors que de gros ouvrages, très érudits et très sérieux (dont une remarquable biographie de Benoît Peeters) viennent de paraître sur l’homme et l’œuvre, je ne saurais trop vous conseiller l’essai de Jean Taousson, Jacques Derrida, mes potes et moi. “D’aucuns se vantent d’avoir été à l’école avec des gamins devenus chefs d’Etat, d’autres en compagnie de joyeux cancres ayant réussi dans le show-biz. Moi, ce fut avec Jacques Derrida”, écrit Jean Taouson. Et cela se passait dans les années 40-50 à Alger puisque Derrida était – ce qui n’est pas anodin pour essayer de percer “l’énigme Derrida” – un pied-noir. Qui était vraiment Derrida par-delà la légende qu’il a patiemment construite et qui a été nourrie et alimentée par ses pairs ? Qui était Derrida avant Derrida ? Jean Taousson, qui fut son condisciple et qui partagea avec lui la vie quotidienne et délurée de lycéens algérois, nous le raconte. Avec une empathie d’autant plus chaleureuse que, jusqu’à la disparition de Derrida, et malgré des choix politiques qui auraient pu les séparer, ils restèrent amis. Et ce qu’il raconte est bien évidemment avec antipodes de l’hagiographie officielle. Derrida, c’était un potache comme les autres et qui, comme beaucoup de pieds-noirs, aimait la plage, le sport, les filles. Et qui excellait à mystifier – déjà – ses professeurs. D’où, révélée par Taousson, une version très plausible de la genèse de la théorie de la “Déconstruction”. C’est un témoignage, c’est un portrait, c’est une somme d’anecdotes vécues qui, pour la plupart, contribuent à rendre sympathique et humain, plus humain, un Derrida qui ne l’était pas toujours. Pour résumer, citons Taousson : “Je reste persuadé que Jacky [comme l’appelaient ses potes] a mis ses réels talents philosophiques au service du goût immodéré qu’il avait de se foutre du monde”. Je suis sûr que Jacques Derrida, dont on peut lire le très savant Politique et amitié (Galilée) aurait aimé ce livre de copain qui l’aurait délassé un peu de la pensée de Heidegger dont il était nourri. On a dit de Derrida qu’il était trop philosophe pour plaire aux écrivains et trop écrivain pour plaire aux professeurs de philosophie. En lisant Taousson, on comprend aussi que Jacky d’Alger avait su garder, comme caché en lui, son rêve de lycéen de Ben Aknoun : devenir footballeur professionnel… » (Alain Sanders, Présent).

Informations complémentaires

Auteur(s)

Editeur

Collection

Xénophon

Pages

203