Le cas Céline

Philippe Pichon

31,00

Coupable, mais de quoi ?

Insurpassable dans l’éloge-détestation de la vie humaine, le Maudit de Meudon offre, du fait de son statut exorbitant d’écrivain inclassable, un pa­rapet d’où embrasser le paysage littéraire con­tem­porain. Le livre de Philippe Pichon propose une lecture mo­derne et audacieuse : une revi­si­tation partiale, mais une connaissance intime et personnelle de l’œuvre du maudit de Meudon.

Disponible – En stock


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Informations complémentaires

Auteur(s)

Editeur

Collection

Patrimoine des héritages

Pages

324

Prix

31

Date

10/10/2019

Format

Livre

Isbn/Ean

9782353744503

Description

Coupable, mais de quoi ?

Louis-Ferdinand Céline (1894-1961) est celui qui a imposé le pamphlet comme médium de masse privilégié de la fiction. Faut-il absolument s’en désoler ? Il a bousculé la syntaxe et la grammaire. Il a dynamité bien d’autres règles encore et voué aux gémonies à peu près tout le monde, renvoyant dos à dos le Dieu et le Bon Dieu. Il a transformé les biens-pensants en bien-suivants et la troupe des beaux-parlants en une cohorte de beaux-parleurs, interdisant toute descendance littéraire. Il a ajouté à la littérature quelque chose que le peuple a dans les tripes, le ton, et, dans le changement de ton, le changement de musique. En un mot, veillant à la santé de la langue française, lui inoculant la banalité de la vie ordinaire d’un guérisseur des faibles, il a ouvert une plaie sans immédiatement la cautériser.

Voyeur, spectateur nocturne des temps sombres, menteur en scène anobli par la croyance dans sa spontanéité révolutionnaire, Céline a constamment invoqué et brandi sa pyrotechnie du Verbe contre la république des Lettres et les limitations de la démocratie formelle. Jamais vraiment libéré de l’obsession décadentiste, humaniste déguenillé, échotier des miséreux, entre argot et blasphème, il incarne la figure de l’hygiéniste littéraire des années 30-40 du XXe siècle. Insurpassable dans l’éloge-détestation de la vie humaine, le Maudit de Meudon offre, du fait de son statut exorbitant d’écrivain inclassable, un pa­rapet d’où embrasser le paysage littéraire con­tem­porain.

Romancier autoproclamé de la misère et de la banlieue, dénonciateur de la bêtise universelle et de la violence faite aux êtres et aux choses, l’Er­mite se veut manifestes, ou presque. Malgré ses trois pamphlets antisémites, l’étoile de Céline, figure inversée et crue du Juif errant, est progressivement remontée au firmament des lettres.

Le livre de Philippe Pichon propose une lecture mo­derne et audacieuse : une revi­si­tation partiale, mais une connaissance intime et personnelle de l’œuvre du maudit de Meudon.

 

Né en 1969, encouragé par les poètes André du Bouchet, Pierre Oster et l’éditeur Jean Breton, Philippe Pichon publie ses premiers poèmes à dix-sept ans dans la prestigieuse revue Poésie 1 des éditions Saint-Germain-des-Prés. De 1986 à 2004, s’en suivent des publications dans Jointure (sous dir. Jacques Arnold), Poésie présente (sous dir. René Rougerie), Le Coin de table (La Maison de Poésie), Visages du XXe siècle (sous dir. Michel Beau). Il se lie d’amitié avec les poètes Jacques Charpentreau et Pierre Lepère.

Révélé au grand public avec son témoignage Journal d’un flic (Flammarion, 2007), aujourd’hui installé aux confins de la Brie, dans la vallée du Grand Morin, Philippe Pichon mène conjointement une œuvre de « lecteur » (trois études sur Saint-John Perse, Pierre-Jean Jouve, Pierre-Emmanuel parues à La Maison de Poésie/Plein Chant, 2004-2009-2010) et de poète (Ombre close, Les Presses Littéraires, 1999 ; Les Poudrins de la mémoire, Dutan, 2020). Mélangeant vers, versets et prose, l’écrivain ne cesse ainsi de nourrir et d’ensemencer la parole poétique de notes, de corrections et de silences qui l’interpellent et quelques fois même le contestent. Comme si les mots ou les signes du poème avaient toujours besoin d’autres signes, et la poétique d’une méta-poétique pour l’encourager à poursuivre son inlassable déchiffrage du quotidien, son tenace exorcisme de la mort qui rôde autour du policier-écrivain (L’Enfance violée, Flammarion, 2008). De ses Humanités, l’auteur n’a gardé que son refus d’une parole compliquée voilant la simplicité du monde. Il poursuit ce que l’on pourrait appeler son inscription du murmure dans des proses prises entre les deux tentations de la lettre d’amour (Un Pays vers le ciel, Dualpha, 2006) et du récit (À contre-silence, Noir & Blanc, 2003).

Dédié à la fille de l’auteur, Le Pays d’ortie, récit lumineux d’une séparation douloureuse, atteint l’universalité par sa transposition poétique salvatrice.

 

Du même auteur
aux éditions Dualpha

Le cas Céline

aux éditions Dutan

Les Poudrins de la mémoire
Le Pain d’ortie
[Entre] presque [et] rien