version en ligne | désinscription | mettre à jour le profil
‌
Logotype
À la découverte d’Agatha Christie
‌
‌

Entretien avec Camille Galic

AgathaChristie ‌

(propos recueillis par Fabrice Dutilleul)

« Elle déplore très tôt
“l’omniprésence du sexe dans la presse et la littérature ou à l’écran”
ou encore l’éducation trop permissive des enfants,
tous “progrès” qui ne peuvent mener qu’à des catastrophes,
le règne croissant d’un capitalisme apatride,
la perte de consciente morale »

Agatha Christie – une amie pour la vie par Camille Galic, coéditions Déterna & Synthèse nationale, collection « Bio », dirigée par Francis Bergeron et David Gattegno,168 pages avec index et iconographie, 20 €.

Pourquoi vous êtes-vous intéressée à Agatha Christie, dont on commémore cette année la mort en 1976, vous qui semblez avoir toujours vécu pour et par la politique ?

Un peu par hasard. Après un quasi-demi-siècle passé à Rivarol, dont 27 ans à la tête de cet hebdo avec pour récompense une avalanche de procès pour mal-pensance, j’étais lessivée, physiquement et mentalement. Mais on épuise vite les charmes du farniente. Je trouvai dans une brocante l’Autobiography d’Agatha Christie, que j’aimais bien depuis l’adolescence. Ce fut le déclic. Il y avait là quelque chose à creuser. Du coup, j’ai acheté tous ses romans, mais en anglais cette fois. Et plus je progressais, plus je constatais qu’au-delà de son abondante production, « l’auteur le plus lu au monde », l’auteur méritait d’être mieux connu. Une femme entière en même temps que gaie, primesautière et même capable d’autodérision, fidèle à sa gens, à ses principes et à l’anglicanisme, mais sans exclusive : souvent moqué par Agatha pour ses manies, Hercule Poirot ainsi n’est jamais ridiculisé pour sa foi catholique, pourtant affichée.

Votre intérêt vient-il aussi de votre admiration pour son œuvre ?

Oui car sa langue est à la fois fluide, simple et très littéraire et son œuvre très diverse : polars évidemment mais aussi romans psychologiques signés Mary Westmacott, pièces de théâtre. Son imagination était sans limites… Ainsi que sa puissance de travail.

Pour en savoir davantage sur le livre "Agatha Christie – une amie pour la vie", cliquez ici
‌
‌


‌ herculepoirot

Sans doute avez-vous été attirée aussi par les valeurs jugées « réactionnaires » qu’on décèle dans ses romans ?

Bien sûr, ces valeurs me l’ont rendue encore plus attachante. Elle déplore très tôt « l’omniprésence du sexe dans la presse et la littérature ou à l’écran » ou encore l’éducation trop permissive des enfants, tous « progrès » qui ne peuvent mener qu’à des catastrophes, le règne croissant d’un capitalisme apatride, la perte de consciente morale. Y compris chez de parfaits gentlemen et même de ladies se transformant dans son œuvre en tueurs cyniques.

De même fustige-t-elle l’indulgence témoignée aux criminels, professant dans ses Mémoires que l’auteur de romans policiers doit éprouver « une passion qui aide à sauver l’innocence » et que cela l’« effraie de voir que plus personne ne semble se soucier » de la victime. Le seul roman où le coupable s’en tire est L’Homme au complet marron situé en Rhodésie. Elle y décrit l’Afrique comme un « pays d’enfants géants, grande, simple et primitive et pourtant si cruelle ». L’avènement du Zimbabwe avec la chasse aux Blancs et la guerre civile entre Shonas et Matabélés lui ont donné raison post mortem.

Bien entendu, ces positions lui valurent beaucoup de critiques et le qualificatif de « dinosaure » dont la conversation aurait même eu une « saveur antisémite ». Elle épingle certes les juifs pour leur ostentation, leurs « lèvres lippues » ou leur « amour de l’argent qui les perdra » mais aucun n’est un meurtrier. Aucun assassin non plus parmi les Slaves ou Balkaniques, les Arabes, les Asiatiques ou les Américains peuplant ses livres, bien qu’elle n’ait guère de considération pour eux. Quant aux Allemands, y compris néo-nazis (Meurtre à Frankfort, où elle décrit des jeunes gens « extrêmement beaux » et « chantant admirablement »), elle éprouve à leur égard une indéniable fascination-répulsion. Comme d’ailleurs, à l’époque, maints Britanniques de bonne lignée…

Qu’est-ce qui explique son succès mondial ? Les multiples adaptations au cinéma ou pour la télévision y sont-elles pour beaucoup ?

Évidemment, bien qu’elle les ait en général détestées, toute adaptation lui étant « une torture », avoue-t-elle, car les acteurs ne ressemblaient pas aux personnages qu’elle avait imaginés, et les scénarios divergeaient de ses romans, avec des scènes trop brutales ou trop osées. Dans Mrs McGinty est morte, elle exprime d’ailleurs ce rejet par la voix de son double parodique et très drôle, la romancière Ariadne Oliver. Et elle aurait été horrifiée par l’aseptisation actuelle de ses livres. Quant à son succès en effet mondial et durable, je l’attribue à son évocation d’une société et d’un monde disparus. En la lisant, on se sent, bien sûr à tort, dans un univers délicieusement cosy.

Y a-t-il des auteurs contemporains d’Agatha Christies ou actuels qu’on pourrait sinon comparer, du moins considérer comme ses héritiers… (ou héritières, of course !) ?

Surtout pas Sophie Hannah, dont Prichard a accepté qu’elle ressuscite Poirot ! Caractères faux, intrigue filandreuse, style platissime. A fuir ! Et ne vaut guère mieux l’Ecossaise M.C. Beaton, qui dans un clin d’œil appuyé, a baptisé son héroïne Agatha Raisin dans de nombreux livres à succès. Tellement à la mode, les Scandinaves ne me passionnent pas, non plus que la Française Fred Vargas.

L’Anglaise Minette Walters a du talent mais elle est trop glauque. Je lui préfère ses compatriotes P. D. James (dont le dernier roman parut en 2011) et Caroline Graham, créatrice de l’inspecteur Tom Barnaby. Mais elle n’a écrit que sept livres (éd. Pygmalion), contrairement à ce que pourraient penser les téléspectateurs abreuvés d’épisodes Barnaby, d’ailleurs assez fidèles. Jusqu’à la dictature « diversitaire » du moins.  

J’insiste dans mon livre sur l’obésité, voulue sans doute par les éditeurs, des polars actuels : souvent plus de 500 pages, meublées de développements oiseux. Je lis en ce moment The Silkworm, Le Ver à soie (576 pages bien serrées, signées d’un certain Robert Galbraith, qui n’est autre que J. K. Rowlins, la mère d’Harry Potter). Là où Christie décrivait en cinq lignes un dîner gastronomique de Poirot, il faut au héros du roman deux pages pour ingurgiter son burger-frites dans un bouiboui. Idéal pour s’endormir, alors que la douce mais si perspicace Miss Marple vous tient en haleine.

Agatha Christie – une amie pour la vie par Camille Galic, coéditions Déterna & Synthèse nationale, collection « Bio », dirigée par Francis Bergeron et David Gattegno,168 pages avec index et iconographie, 20 €.

Pour obtenir "Agatha Christie – une amie pour la vie", cliquez ici
‌
‌

Vient de paraître

Couv desinformationcomplotisme.indd ‌

La désinformation autour du complotisme
Philippe Randa (présente)

Postface de David Gattegno et d’Honoré de Balzac

Démonter le complotisme des uns, le conspirationnisme des autres et les délires d’un grand nombre n’est pas refuser d’admettre, et plus souvent qu’on ne l’imaginait, des coïncidences troublantes, des complicités, des convergences d’intérêts et parfois même de réelles manipulations : complotisme des uns, conspirationnisme des autres et… délires pour tout le monde ? Voire…

Avec les contributions de : Lionel Baland, Nicolas Bonnal, Francis Bergeron, Gilbert Cottinet, Serge Horvath, Jean de Saint-Houardon, Scipion de Salm, Richard Dessens, Xavier Eman, Michel Festivi, Nicolas Gauthier, Philippe Joutier, Limousin Espalier, juin 1997, Michel Lhomme, Klaas Malan, Philippe Mansart, Bernard Plouvier, Alain Sanders, Claude Timmerman, Rémi Tremblay, Jean-Michel Vernochet
Éditions Dualpha, collection « Patrimoine des héritages », 240 pages, 29 €

Pour obtenir "La désinformation autour du complotisme", cliquez ici
‌
‌


Couv DesinfoCulturePN.indd ‌

La désinformation autour de la culture des Pieds-noirs
Pierre Dimech

Par quel aveuglement les métropolitains ont-ils pu avaler les mensonges ahurissants, les fables idiotes, les accusations infamantes déversés sur le peuple des Pieds-noirs ? La chose reste un mystère. Pierre Dimech aligne les exemples. Un demi-siècle après leur exode, la désinformation fait rage à propos des pieds-noirs. Ce petit livre vient à point pour corriger certains clichés réducteurs comme d’a priori sacrastisques et dévalorisants. Pour ne pas qu’après leur avoir ôté leur terre natale, on les prive de surcroît de leur histoire et de leur identité.
Éditions Dualpha, collection « Vérités pour l'Histoire », 98 pages, 17 €

Pour obtenir "La désinformation autour de la culture des Pieds-noirs", cliquez ici
‌
‌

Nos parutions récentes

‌Découvrez les derniers livres parus disponibles sur Francephi.com (cliquez sur le titre pour l'obtenir)

Degrelle m’a dit
Louise Narvaez, Duchesse de Valence

Postface de Léon Degrelle
Après la capitulation du IIIe Reich, il était normal qu’on accablât les vaincus de la IIe Guerre Mondiale, le belge Léon Degrelle compris. C’est la rançon de toutes les défaites. Mais l’histoire ne peut se contenter de conclusions nées seulement d’indignations ou de ressentiments impulsifs. Il réussira pourtant à échapper aux griffes de la mort, si bien qu’il resta longtemps, de la grande tragédie de la iie Guerre Mondiale, le seul témoin politique de premier plan qui, du côté des vaincus, ait survécu et ait pu s’expliquer et démentir mensonges et calomnies. Il a confié ses souvenirs à Louise Narvaez, duchesse de Valence, grande d’Espagne. Ceux-ci constituent donc un document d’un intérêt exceptionnel pour l’histoire contemporaine.
Avec une postface inédite de Léon Degrelle, une trentaine de documents d’époque et plus de 150 illustrations.

Éditions Déterna, 450 pages, 39 €.

Les trois antimaçonnismes
Jérôme Rousse-Lacordaire‌

Cet ouvrage présente les principales thématiques sur lesquelles reposent les accusations contre la franc-maçonnerie : secret, complot, subversion… La franc-maçonnerie est comprise par ses adversaires comme une société secrète perverse et malignement occulte, ayant pour objectif la domination du monde, même si elle fut, peut-être, à l’origine, une institution saine avant d’être dénaturée et détournée de ses fins par des manœuvriers de tous ordres. Des exemples historiques particulièrement significatifs viennent illustrer et éclairer le large panorama de la question.

Éditions L'Æncre, 224 pages, 29€.

Notre avant-guerre
Robert Brasillach

«Tout dans ce livre étonne», lance d’emblée Alain Lanavère dans sa préface… Tout étonne, bel et bien, à commencer par le fait que Notre avant-guerre est un chef-d’oeuvre de la littérature française, écrit en quelques mois, à partir de septembre 1939, alors que, venant d’avoir trente ans, Brasillach était mobilisé en Alsace.  De leur insouciante vie étudiante, ces jeunes gens épris d’art passent insensiblement aux joies de l’écriture, puis à celles du journalisme. À tant interroger l’époque, fatalement, la tentation leur vient d’y jouer un rôle, tandis que fasciste attire, que l’Allemagne hitlérienne inquiète mais fascine et que l’Espagne entre l’Italie en guerre civile.
Éditions Les Sept Couleurs, 456 pages, 32€.

Le Grand Recueil des chants légionnaires
Thierry Bouzard et Gérard Eiselé

Avec ses partitions spécialement transcrites, ce recueil est le repère patrimonial qui manquait aux chants des légionnaires. La documentation a été puisée aux principales sources, militaires, civiles, universitaires, ainsi que des témoignages. Élaborée dans la continuité de l’édition 2024 du Carnet de chants de la Légion étrangère, cette présentation offre une vision d’ensemble du répertoire des légionnaires, y compris dans les créations récentes, car la mémoire est aussi un combat.
Éditions D'un autre ailleurs, 312 pages, 45€.

Tous nos livres sont sur www.francephi.com
‌
‌
Vous avez reçu ce courriel car vous vous êtes inscrits à FrancePhi Diffusion avec l'adresse . Si vous ne souhaitez plus recevoir de courriels de notre part, cliquer sur désinscription.
FrancePhi BP 20045 53120 Gorron
© 2026 FrancePhi Diffusion, Tous droits réservés.
‌