Dans aucun manuel d’histoire, on ne trouve mention d’un pacte germano-sioniste. Seuls quelques livres spécialisés évoquent la réunion du 7 août 1933 au ministère allemand de l’Économie au cours de laquelle des représentants de l’Agence juive et de l’Organisation sioniste mondiale ont signé avec de hauts fonctionnaires du Reich ce que l’on a appelé pudiquement l’accord de la haavara (du mot hébreu haavara qui signifie : transfert). Il s’agissait, en effet, d’organiser le transfert vers la Palestine de capitaux que les Juifs allemands, candidats à l’émigration, souhaitaient emporter avec eux. Cet accord technique ne fut que le premier acte d’une étroite collaboration entre les sionistes et l’Allemagne hitlérienne. Continuer la lecture de Le Pacte germano-sioniste (7 août 1933)
La délégation des pleins pouvoirs au maréchal Pétain par l’Assemblée nationale réunie à Vichy le 10 juillet 1940 reste aujourd’hui encore un sujet tabou. Continuer la lecture de La Gauche pétainiste
En une seule journée, le 27 mai 1944, les bombardiers américains ont tué autant, sinon plus, de civils français innocents qu’il y a eu de victimes tout aussi innocentes dans les Twin Towers de New York, lors du double attentat du 11 septembre 2001. Continuer la lecture de La France sous les bombes américaines 1942-1945
Maintes fois Napoléon s’est posé en successeur de Charlemagne, mais beaucoup d’historiens n’y ont vu qu’une manifestation de son orgueil. Oublieux de la longue mémoire et dédaigneux des mythes, les meilleurs spécialistes n’ont pas pris la peine de tirer le fil d’une tradition qui irrigue l’histoire de l’Europe depuis « l’effondrement » de l’empire romain d’Occident au V° siècle et sa « restauration » par Charlemagne trois cents ans plus tard. Or, c’est cette nostalgie de l’empire qui permet de comprendre l’aventure napoléonienne.
Les Français, il est vrai, ont enfermé Charlemagne dans une vision hexagonale – et anachronique – de leur histoire. Ils ont oublié que plusieurs de leurs rois avaient tenté de ravir le titre impérial aux Habsbourg (Philippe le Hardi, François Ier, Louis XIV) ou de récupérer par la force tel ou tel fief de Charlemagne, en s’appropriant la prétendue mission divine des Francs (Charles VIII).
Lorsque Napoléon se fait proclamer empereur en mai 1804, ceint la couronne des Lombards un an plus tard et se pose en suzerain des rois de l’Europe, c’est bien de Charlemagne, empereur d’Occident, dont il s’inspire. Puis, lorsqu’il fait attribuer à son fils le titre de roi de Rome et qu’il engage avec le Saint-Siège un bras de fer qui se nourrit des mêmes arguments que la querelle du Sacerdoce et de l’Empire (1154-1250), ce sont alors les empereurs germaniques qu’il prend pour modèles.
Fils indigne des Lumières, Napoléon s’est servi des utopies de 1789 avant de chevaucher des mythes qui en étaient la plus éclatante négation. À l’aune du revirement accompli en quelques années – retour au principe monarchique et affirmation d’un grand dessein européen –, nous pouvons imaginer ce que le Premier Empire aurait pu devenir si le destin lui avait accordé la paix et la durée. La Révolution, bien malgré elle, avait accouché d’un parricide et d’un démiurge.
Jean-Claude Valla (1944-2010), journaliste et historien, a été tour à tour journaliste à Valeurs actuelles, secrétaire général du GRECE (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne), rédacteur en chef d’Éléments pour la civilisation européenne, directeur de la rédaction du Figaro Magazine, de Magazine Hebdo, puis de la Lettre de Magazine hebdo et de Minute. Collaborateur d’Historia, il a publié une douzaine de livres et fondé en 2000 les « Cahiers Libres d’Histoire ».
Du même auteur chez le même éditeur collection « Les Cahiers Libres d’Histoire »
Ce livre n’est pas l’histoire du Faisceau, le premier parti fasciste français, créé par Georges Valois en 1925, mais celle du cheminement intellectuel de son fondateur : comment un homme élevé dans la plus stricte tradition républicaine, acquis très jeune aux idées anarchistes et convaincu de l’innocence de Dreyfus, a-t-il pu évoluer vers l’antisémitisme, le monarchisme et le fascisme ? Continuer la lecture de Georges Valois, de l’anarcho-syndicalisme au fascisme
Si l’on admet l’existence d’une gauche collaborationniste, on s’efforce en général d’en sous-estimer l’importance. Une légende tenace veut que le collaborationnisme ait été d’abord et surtout un phénomène de droite. Pourtant, ce sont des hommes de gauche qui, les premiers, se sont ralliés à la Collaboration, de façon spontanée et sans états d’âme, à un moment où la plupart des hommes de droite, pétris de maurrassisme, hésitaient encore sur la conduite à tenir. Marcel Déat est emblématique de cette attitude, qui souhaitait, dès le 5 juillet 1940, « une France intégrée à l’Europe nouvelle » et une « collaboration » qui ne soit « ni une nécessité matérielle, ni un expédient provisoire, mais une doctrine fondamentale. » Continuer la lecture de Les socialistes dans la Collaboration. De Jaurès à Hitler
Contrairement à une idée reçue, la Phalange, créée en octobre 1933 par José Antonio Primo de Rivera, n’a pas été le premier mouvement espagnol à se réclamer du national-syndicalisme. Ce néologisme apparaît en 1931 dans les colonnes de La Conquista del Estado, un hebdomadaire lancé le 14 mars de cette année-là par Ramiro Ledesma Ramos et trouve son expression politique, en novembre, dans les Juntas de Ofensiva Nacional-Sindicalista (JONS), nées de la fusion des « phalanges » de La Conquista del Estado et des Juntas Castellanas de Actuación Hispánica d’Onésimo Redondo.
Ramiro Ledesma et Onésimo Redondo ont, l’un et l’autre, vingt-six ans, la même volonté d’en découdre avec les fossoyeurs de l’Espagne, la même audace, la même intransigeance, le même refus des valeurs bourgeoises, mais pas tout à fait les mêmes idées, ni surtout les mêmes convictions religieuses.
Fils d’un modeste instituteur de village, Ledesma Ramos est un disciple de Spengler et de Nietzsche, mais aussi d’Auguste Comte. D’où sa méfiance à l’égard de l’Église. D’une vaste culture et d’une intelligence exceptionnelle que lui a reconnue le grand philosophe Ortega y Gasset, il a renoncé à une brillante carrière universitaire pour se lancer dans l’action révolutionnaire, parce qu’il croit comme Georges Sorel, son autre maître, en la valeur régénératrice de la violence. Redondo, lui, fils de paysans castillans, est un catholique pratiquant, révulsé par la politique anticléricale de la II° République, conservateur sur le plan des mœurs, mais farouche partisan de la réforme agraire.
Après la fusion des JONS et de la Phalange espagnole en février 1934, Ledesma Ramos va réussir à exercer une influence déterminante sur José Antonio, son aîné de deux ans, amenant ainsi cet aristocrate à rompre peu à peu avec les préjugés de son milieu social et à se démarquer totalement du conservatisme. Malgré une brouille de quelques mois, ils se réconcilieront avant que l’Espagne ne plonge dans la plus terrible des guerres civiles, et tomberont tous les deux en martyrs, à quelques semaines d’intervalle.
Jean-Claude Valla (1944-2010), journaliste et historien, a été tour à tour journaliste à Valeurs actuelles, secrétaire général du GRECE (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne), rédacteur en chef d’Éléments pour la civilisation européenne, directeur de la rédaction du Figaro Magazine, de Magazine Hebdo, puis de la Lettre de Magazine hebdo et de Minute. Collaborateur d’Historia, il a publié une douzaine de livres et fondé en 2000 les « Cahiers Libres d’Histoire ».
Du même auteur chez le même éditeur collection « Les Cahiers Libres d’Histoire »
Lors de la création de la Milice française en janvier 1943, Lyon était le centre nerveux de la Résistance et le demeura jusqu’à l’arrestation de Jean Moulin par les Allemands, cinq mois plus tard. Les états-majors clandestins jugèrent alors plus prudent de s’installer à Paris, mais l’ancienne capitale des Gaules n’en fut pas pour autant préservée du terrorisme : cent soixante-neuf collaborateurs ou présumés tels y ont été assassinés en trois mois, d’octobre à décembre 1943. Près de deux par jour en moyenne. À plusieurs reprises, la radio de Londres donna l’ordre d’abattre les miliciens « comme des chiens », avant même que ceux-ci ne fussent armés et véritablement engagés dans la répression. Continuer la lecture de La Milice. Lyon 1943-1944
Évoquant d’abord cette grande figure de la Résistance que fut Pierre de Bénouville, compagnon de la Libération, bras droit d’Henri Frenay à la tête des Mouvements Unis de Résistance (MUR) et général FFI à vingt-neuf ans, Jean-Claude Valla raconte comment cet ancien camelot du Roi devenu cagoulard a entraîné dans son sillage des jeunes gens venus des mêmes horizons politiques : Michel et Alain de Camaret, Roger de La Grandière, etc. Mais aussi comment Bénouville, au poste clé qui fut le sien, s’est opposé aux communistes et s’est appuyé sur d’anciens cagoulards engagés dans la Collaboration pour tenter de pénétrer les intentions des forces d’occupation.
Jean-Claude Valla s’intéresse au rôle joué dans la préparation du débarquement américain en Afrique du Nord par le « groupe des cinq », dont l’histoire a été si souvent réécrite pour tenter de faire oublier que ses membres — Jacques Lemaigre-Dubreuil, Jean Rigault, Henri d’Astier de la Vigerie, le colonel Van Hecke et Jacques Tarbé de Saint-Hardouin — étaient ce qu’on appellerait aujourd’hui des hommes « d’extrême droite », trois d’entre eux au moins ayant même été cagoulards. Il les met en scène, rappelle dans quelles circonstances ils ont pris contact avec le général Giraud après son évasion de la forteresse allemande de Königstein et explique comment ils furent en partie grugés par les Américains.
D’autres résistants tombés dans les oubliettes de l’histoire, parce qu’ils n’étaient pas conformes aux canons résistantialistes, sont également évoqués, tels le duc Joseph Pozzo di Borgo, ancien cagoulard et compagnon de tribune de Darquier de Pellepoix, ou Georges Valois, fondateur du Faisceau, le premier parti fasciste français, mort à Bergen-Belsen le 18 février 1945, ou encore le colonel de La Rocque que De Gaulle laissera interner après son retour de déportation sous prétexte de le préserver de la vindicte communiste…
En nous entraînant dans les coulisses de la Résistance, l’auteur nous permet de mieux comprendre pourquoi l’Organisation Civile et Militaire (OCM), la plus importante organisation clandestine de zone nord, affichait encore, en juin 1942, un programme fortement teinté d’antisémitisme, cette « grande pensée politique » dont parlait Georges Bernanos, lui-même rallié à la France libre sans avoir jamais renié son maître Édouard Drumont. Les idées reçues volent ainsi en éclats. Un livre salutaire d’une grande érudition.
Jean-Claude Valla (1944-2010), journaliste et historien, a été tour à tour journaliste à Valeurs actuelles, secrétaire général du GRECE (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne), rédacteur en chef d’Éléments pour la civilisation européenne, directeur de la rédaction du Figaro Magazine, de Magazine Hebdo, puis de la Lettre de Magazine hebdo et de Minute. Collaborateur d’Historia, il a publié une douzaine de livres et fondé en 2000 les « Cahiers Libres d’Histoire ».
Du même auteur chez le même éditeur collection « Les Cahiers Libres d’Histoire »
Une légende tenace veut que les pionniers et les héros de la Résistance aient été des hommes de gauche qui avaient combattu le fascisme depuis l’arrivée d’Hitler au pouvoir et qui, le jour de la défaite, se seraient dressés contre la barbarie nazie, tandis que « l’extrême droite », accusée d’avoir préféré Hitler au Front populaire dès 1936, aurait pris sa revanche en soutenant le régime de Vichy et accepté d’emblée la collaboration avec l’Allemagne nazie.
On oublie ainsi que le maréchal Pétain fut investi, le 10 juillet 1940, par une Assemblée nationale composée, pour moitié, de la Chambre des députés, celle-là même qui avait porté au pouvoir le Front populaire ; et que la Collaboration fut prônée par des hommes issus pour la plupart de la gauche, comme Pierre Laval, Marcel Déat ou Jacques Doriot.
On oublie surtout que les premiers résistants venaient le plus souvent d’une droite nationaliste pour laquelle l’Allemagne, qu’elle fût celle de Bismarck ou de Hitler, était l’Éternelle Ennemie de la France et de la Civilisation. Cette germanophobie, dont on a du mal aujourd’hui à mesurer la virulence, avait trouvé en Maurras son doctrinaire le plus intransigeant, mais débordait largement les cercles d’Action française.
Dans cet ouvrage en deux parties, Jean-Claude Valla évoque ces résistants de la première heure, dont l’amour extrême qu’ils portaient à la France s’accompagnait le plus souvent d’un total mépris pour la démocratie et d’une aversion pour les Juifs. Il démontre que la plupart d’entre eux, au moment où ils se sont lancés dans la Résistance, professaient des idées au regard desquelles un Jean-Marie Le Pen fait figure aujourd’hui de modéré.
Certes, quelques uns d’entre eux ont évolué au cours de la guerre au point de renier parfois les idées qui les avaient poussés à se dresser contre l’occupant. Le ralliement – tardif – du parti communiste et des socialistes à la Résistance, la volonté du général De Gaulle de s’appuyer sur eux pour asseoir sa légitimité, le noyautage des organisations clandestines par l’appareil clandestin du PC et l’indignation suscitée par la déportation des Juifs expliquent cet alignement progressif sur une idéologie qui, au départ, était violemment rejetée. Il n’en reste pas moins vrai que les nationalistes — ceux que l’on qualifierait aujourd’hui de « xénophobes » et « d’extrême droite » — devancèrent dans la Résistance les professionnels de l’antifascisme. Une leçon à méditer.
Jean-Claude Valla (1944-2010), journaliste et historien, a été tour à tour journaliste à Valeurs actuelles, secrétaire général du GRECE (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne), rédacteur en chef d’Éléments pour la civilisation européenne, directeur de la rédaction du Figaro Magazine, de Magazine Hebdo, puis de la Lettre de Magazine hebdo et de Minute. Collaborateur d’Historia, il a publié une douzaine de livres et fondé en 2000 les « Cahiers Libres d’Histoire ».
Du même auteur chez le même éditeur collection « Les Cahiers Libres d’Histoire »