L’évolution des formes de la guerre du XVIIIe au XXe siècle

Auteur : Witold Zaniewicki

Éditeur : Dualpha

Collection : Vérités pour l'Histoire

ISBN : 9782353745999

Nombre de pages : 486

Date de parution : 10 septembre 2022

Format : Livre

46,45 TTC

Histoire générale – Histoire militaire – Histoire sociale… Les mythes de la pensée militaire française… De la guerre mondiale aux conflits limités

Ce livre témoigne de la renaissance de l’histoire militaire en France aux lendemains de 1968. Articles et cours de l’École Supé­­rieure de Guerre attestent d’un renouveau qui sans la négliger s’éloigne de l’histoire-bataille. Histoire économique et histoire sociale participent à une réflexion originale qui tient compte aussi de l’histoire des mentalités. Cet ouvrage comprend quatre parties : Histoire générale – Histoire militaire. Histoire militaire – Histoire sociale. Les mythes de la pensée militaire française. De la guerre mondiale aux conflits limités.

Description

Histoire générale – Histoire militaire – Histoire sociale
Les mythes de la pensée militaire française
De la guerre mondiale aux conflits limités

Les événements de mai 68 eurent parfois des effets inattendus. L’École Supérieure de Guerre, bastion de l’histoire-bataille et des « principes de la guerre », s’ouvrit à une réflexion nouvelle, permettant la critique de ces « principes » mêmes.

Le général Uzureau, commandant l’ESG, introduisit en 1968 des travaux pratiques d’histoire, sur le type des TP universitaires. Les officiers du cours d’histoire furent assistés d’appelés du contingent de haut niveau, agrégés et normaliens.

La « thèse » traditionnelle, préparée sur une longue durée par chaque stagiaire sur les sujets les plus variés, dont la formule était discutable et discutée, fut supprimée pour dégager le temps nécessaire à la réflexion personnelle. Chaque officier choisissait un centre d’intérêt historique et disposait de deux mois pour l’étu­dier et préparer un court exposé qu’il faisait devant son groupe dans le cadre du cours d’histoire. Cet exercice se produisait quatre fois lors des deux années de scolarité et correspondait à quatre périodes chronologiques, de l’Ancien Régime à nos jours. Ainsi fut vécue pour la première fois à l’École de Guerre une histoire militaire qui s’appuyait sur les documents ; qui ne se laissait pas prendre au piège de mémoires justificateurs ; qui rétablissait les faits dans leur chronologie exacte ; qui essayait de comprendre l’adversaire et ses motivations.

L’histoire militaire s’ouvrait à toutes les composantes économiques, sociales, psychologiques, politiques. L’étude du droit de la guerre fut pour la première fois prise en compte, à l’image des recherches sur ce sujet entreprises par l’Institut d’Études Politiques de Paris.

La quasi-totalité des élèves se prit au jeu et présenta des exposés d’excellente qualité et des synthèses de groupe brillantes pour chaque période, ayant vite accepté de se familiariser à l’histoire sous la conduite de jeunes enseignants civils, appelés du contingent.

« En avant-propos, le colonel Witold Zaniewcki, docteur en histoire et professeur à l’école de guerre de 1969 à 1972, évoque l’apport de mai 68 à la réflexion sur le fait militaire au sein de l’Ecole Supérieure de Guerre. Un nouveau paradigme apparaît qui permet de dépasser « l’histoire-bataille » pour prendre en compte la complexité des faits et des êtres humains.

« L’histoire militaire, nous dit-il, s’ouvrait à toutes les composantes économiques, sociales, psychologiques, politiques. L’étude du droit de la guerre fut pour la première fois prise en compte, à l’image des recherches sur ce sujet entreprises par l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. »

Ce livre est un témoignage de ce changement d’approche, d’une « renaissance de l’histoire militaire en France au lendemain de 1968 ». Il est divisé en quatre parties : Histoire générale : Histoire militaire / Histoire militaire : Histoire sociale / Les mythes de la pensée militaire française / De la guerre mondiale aux conflits limités.

La première partie propose un panorama de l’histoire à travers les conflits par période : 1750-1815, 1815-1914, 1914-1945, 1945-1962, chaque période étant marquées par des évolutions des formes de la guerre avec une importance considérable du premier conflit mondial de 1914.

« La période 1914-1945 présente une unité, écrit l’auteur. Des différences profondes de nature distinguent la 1ère Guerre mondiale de la guerre de 1870, alors que la IIe guerre mondiale ne fait qu’accuser les traits de la première : entre 1914 et 1945, la guerre subit une évolution, rapide et ample, mais pas une révolution.

Au cours de cette période, le monde se modifie rapidement sous la poussée du développement scientifique et de la montée des idéologies ; les transformations matérielles devancent le plus souvent les idées des hommes politiques et des théoriciens militaires. Il en résulte une impuissance à maîtriser la guerre emballée par le ferment idéologique. La victoire revient en définitive à la puissance économique mise au service d’esprits réalistes. »

L’histoire militaire ne peut être isolée des autres approches historiques : histoire bataille, histoire des relations internationales, histoire économique, histoire sociale, histoire du droit international, etc. « L’interprétation sociologique du phénomène guerre » est donc indispensable tout comme la compréhension de la psychologie des peuples et des individus. Sont analysés ainsi les facteurs et mécanismes qui conduisent à l’indiscipline voire à la désertion.

La partie de l’ouvrage consacrée aux mythes français est particulièrement intéressante. Witold Zaniewicki part du traumatisme de la guerre de 1870. Toute une génération a dû penser la défaite. La place de l’initiative, la formation du jugement et de la décision, le rapport au commandement, l’utilisation napoléonienne de l’avant-garde, sont quelques-unes des questions qui se posent aux stratèges et aux historiens.

Au fil des décennies, les conflits ont évolué vers des formes nouvelles de plus en plus complexes, c’est le cas des conflits qualifiés de limités.

« Ce qui rend les conflits contemporains si originaux, observe Witold Zaniewcki, par rapport aux guerres limitées du passé, c’est que la marge de liberté d’action laissée aux protagonistes a pu paraître extrêmement réduite : essentiellement par l’apparition des armes de destruction massive ; accessoirement par le développement de la société internationale et de l’information : tout incident doit être traité à chaud sous la pression  des opinions, souvent peu objectivement informées sinon excitées par la presse, la radio, la télévision. »

L’ouvrage est riche de témoignages et d’analyses de situations concrètes. Il permet non seulement de mettre en perspective l’histoire guerrière mais de mieux comprendre les enjeux du conflit actuel en Ukraine, alors qu’une nouvelle évolution des formes de la guerre semble en cours » (http://lettreducrocodile.over-blog.net).

Witold Zaniewicki est né le 21 septembre 1933 à Varsovie. Engagé dans l’Armée d’Afrique en décembre 1951, Saint-Cyr (promotion Amilakvari 1954-1956), Breveté de l’École Supérieure de Guerre, il passe sept ans en Afrique du Nord notamment en tant que chef du commando de chasse Kimono 23 dans l’Ouarsenis (Berbères non islamisés) – blessé, trois fois cité – et comme commandant de compagnie au 2e Régiment Étranger d’Infanterie (Sahara). Il est Officier de la Légion d’Honneur, Croix de la valeur militaire, Officier des Pal­mes Académiques et Commandeur Polonia Restituta (Londres). Il est également licencié es lettres (1958), diplômé d’études supérieures d’histoire (1960), admissible à l’agrégation (1965) et docteur en histoire (1966). Il a été professeur à l’École Supérieure de Guer­re (1969-1972) et secrétaire général de rédaction de la Librairie Larousse (1979-1987).

 

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