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Néanmoins, les gouvernements du Front Populaire ont bouleversé la vie française , non ?
Absolument pas ! Tout se résume, au positif, à 12 jours ouvrables de congés payés et à la généralisation (en réalité incomplète) des conventions collectives d’embauche, ainsi qu’au lancement du CNRS – louable initiative de Jean Perrin. Au négatif : près de 4 années de grèves subintrantes très violentes (du printemps de 1935 à novembre 1938) ; la politisation excessive des syndicats et l’entrée du pouvoir politico-syndical dans les entreprises ; une inflation inédite en temps de paix, qui surpasse les augmentations de salaire ; le désastre technique des nationalisations ; la haine des classes encouragée par les partis aux apparences du pouvoir ; la fin pour environ cinq années du goût pour le travail bien et vite fait.
L’affaire tchèque perturbe toujours beaucoup de monde de nos jours… Au printemps de 1939, les Tchèques dissolvent les gouvernements autonomes et les parlements ruthènes et slovaques, créés en octobre 38. En outre, « Staline » hausse le ton et chacun sait (sauf les historiens bon chic bon genre) que la Tchéquie est truffée d’aérodromes au point qu’elle est « le porte-avions » de la France et de l’URSS. Adolf Hitler, qui tente depuis octobre 1938 de négocier le retour de Dantzig au Reich avec les Polonais – excités en sens contraire par des envoyés de Roosevelt –, décide de mater les trublions de Prague dont le pays est une base de départ pour envahir dans le futur l’Autriche, la Bavière ou la Saxe. Et le Front Populaire, dirigé par deux pacifistes – Blum, puis Chautemps – et une girouette indécise, Daladier, débouche au final sur « la guerre de trop pour l’Europe ». Celle de la déculottée militaire la plus humiliante de l’histoire du pays, lors d’une guerre déclarée alors que n’était nullement engagé l’intérêt national. On explique les détails de la dramatique impréparation militaire sur Terre et dans les airs qui a provoqué une débâcle en 45 jours – en fait, perceptible au bout des 5 premiers jours de campagne ! L’humiliation née de cette défaite a entraîné des réformes de structure, œuvre de l’État français, et engendré le boom démographique perceptible dès l’année 1943. Il n’est pas exagéré de prétendre que les Trente Glorieuses s’échelonnent de 1943 à 1973.
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