10 juin 1960, la paix sabordée

Guy Pujante

33,00

Préface de Pierre Montagnon

154 188 morts et 21 773 blessés auraient pu être épargnés, ainsi qu’une suite d’événements tragiques : le putsch des généraux ; la nais­sance de l’OAS ; l’affrontement entre civils et militaires à Bab-el-oued ; la fusillade de civils par l’armée le 26 mars 1962, rue d’Isly à Alger ; le pogrom du 5 juillet 1962 à Oran ; la tragédie des disparus ; le génocide des harkis ; l’hu­miliant exode d’un million de Pieds Noirs…


Disponible – En stock

Informations complémentaires

Auteur(s)

Editeur

Collection

Vérités pour l'Histoire

Pages

396

Prix

33

Date

10/07/2009

Format

Livre

Isbn/Ean

9782353741243

Description

Préface de Pierre Montagnon

Le 10 Juin 1960, à 22 heures, De Gaulle reçoit secrètement à l’Élysée le colonel Si Salah, chef de la wilaya 4 de l’Armée de Libération Nationale (ALN), accompagné de ses deux adjoints, les commandants Si Mohammed et Si Lakhdar.

Ces hommes, en rébellion contre la France, représentent plus de 50 % du potentiel de l’ALN de l’Intérieur ; proportion confirmée par les études du 2e Bureau français. Vaincus militairement, coupés de leurs bases par l’étanchéité des barrages aux frontières, abandonnés par l’Extérieur et n’ayant d’autre possibilité que de se terrer, ils viennent proposer un cessez-le-feu en Algérie, dont les clauses, débattues secrètement pendant des mois avec deux émissaires français représentant l’Élysée et Matignon, s’apparentent à une capitulation sans condition.

Le cessez-le-feu est pratiquement là et la paix toute proche.

Quatre jours plus tard, à l’occasion d’une nouvelle allocution, De Gaulle s’adresse aux dirigeants de l’Extérieur – la branche politique en exil – et les invite à une rencontre en France « pour trouver avec eux une fin honorable aux combats qui se traînent. » Cette invitation inopportune, dont l’urgence ne s’imposait pas compte tenu des tractations en cours, va saborder cette paix qui se profilait, retardant de deux années la fin du conflit avec ses conséquences désastreuses.

154 188 morts et 21 773 blessés auraient pu être épargnés, ainsi qu’une suite d’événements aussi tragiques les uns que les autres ; le putsch des généraux ; la naissance et l’intervention de l’OAS ; l’affrontement entre civils et militaires à Bab-el-oued ; la fusillade de civils par l’armée le 26 mars 1962, rue d’Isly à Alger ; le pogrom du 5 juillet 1962 à Oran ; la tragédie des disparus ; le génocide des harkis et des musulmans fidèles à la France ; l’humiliant et traumatisant exode d’un million de Pieds Noirs…

Cette paix à portée de main permettait d’autres solutions ; partition ou autonomie interne dans un cadre fédéral avec, à moyen terme, une indépendance éventuelle, et la possibilité pour les Algériens d’échapper à la dictature militaire qui sévit encore de nos jours, responsable de la radicalisation intégriste.

L’Algérie, en étroite coopération avec la France, aurait pu devenir une nation démocratique où les Pieds Noirs auraient eu toute leur place.

 

’auteur (1928-2012) est à l’orée de sa vie fa­miliale et professionnelle quand il est pris dans la tourmente de la guerre d’Algérie. Rappelé dans les bataillons de protection à la frontière marocaine, puis dans les unités territoriales, il choisit d’opérer dans un groupe antiterroriste. Il sera de tous les mouvements Algérie Française successifs. Responsable syndical au niveau algérien, administrateur de l’établissement public nationalisé qui l’emploie, il va, en compagnie des principaux responsables de la Société Civile d’Oranie, pro­po­ser des solutions pour une Algérie Nou­­velle Française. Constatant l’inanité de la lutte démocratique, il s’oriente vers la clandestinité et la lutte armée. Il fait partie du petit groupe qui créé l’OAS en Oranie.

Du même auteur
chez le même éditeur

10 juin 1960 : La paix sabordéepréface de Pierre Montagnon, 2009
Les Pieds-noirs, ces parias de la République, 2012